Ikoto | Anothaicie

© Anothaï Compagnie - F.Mackowiak 

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Annecy Rumilly

Un Annécienne était sur la scène de Bonlieu pour "ikoto", la danse de l'humain

Thô Anothaï, qu'on avait vu, tout jeune garçon, s'essayer au Hip-Hop aux abords du Forum de Bonlieu, est passé sur la scène de Bonlieu.

La danse de l’humain. Car c’est bien cela dont il est question. Témoin le titre de leur spectacle présenté samedi, fait de leurs deux prénoms assemblés. entre Thô Anothaï et Ikko Suzuki, un jour, s’est tissé l’impalpable. Rencontre de deux artistes, désir de de partage, besoin de parler du monde, tout était là pour permettre l’éclosion de cette sensible fleur chorégraphique. 

 

Bien sûr, il y a l’Asie en partage : Ikko, le Japonais, vit et travaille à Tokyo, et Thô, s’il a grandit en Haute-Savoie, est arrivé du Laos avec sa famille à l’âge de six ans. Mais eux, c’est le monde entier qui les concerne, et sur lequel ils portent un regard attentif, bienveillant, mais sans concession. 

 

Que se passe-t’il quand on perd tout, et qu’il faut se reconstruire ? A l’heure où Fukushima fait imploser nos certitudes, Ikko Suzuki artiste engagé, tente de recueillir des témoignages de ceux tenus loin de leur terre. Mission difficile quand règne le non-dit : Chape de plomb sur paroles qui ne sont plus libres.

 

Une chorégraphie écrite à quatre mains  

 

De son côté, Thô Anothaï se penche sur les dits des exilés par la guerre, réfugiés obligés de se construire de nouvelles vies (il en a livré un écho au début du spectacle).

 

De cette matière, ils feront le terreau qui nourrira leur chorégraphie, écrite à quatre mains. Là, chaque corps utilise son vocabulaire propre, danse contemporaine japonaise, hip-hop, mais c’est Thô qui portera les saccades urbaines de Tokyo ou d’ailleurs, et Ikko la puissance calme de l’écoute intérieur.

 

Tradition et modernité, Orient/Occident, l’un et l’autre, où comment se fondent en une gémellité complémentaire. Le résultat est magnifique. 

 

Claire Syllan

 

 

Le Beau parcours de Thô Anothaï

 

Pour Thô Anothaï, qu’on avait vu jeune s’essayer au hip-hop aux abords du Forum de Bonlieu, quel beau parcours…! Mais c’est aussi celui de quelqu’un qui n a eu de cesse d’élargir son horizon. Du reste, celui qui n’a peut-être pas bien réussi à l’école sentait qu’il possédait un fibre artistique. Passionné de BD, il aurait pu tout aussi bien opter pour une autre direction. Il avait avant tout un besoin d’expression. 

 

De ces premières années de danse, il dit que le contact direct, dans la rue, avec un public, réceptif ou pas, vous forge l’âme. De cela, il a gardé l’envie incessante de partage, qu’il met en oeuvre dans des stages ou actions culturelles et sociales. Et puis, c’est un début de reconnaissance, l’obtention de prix…et la première embauche dans une « vraie » compagnie. S’ensuivront quelques autres, jusqu’à ce que le désir lui prenne d’explorer son univers à lui.

 

Ajoutez à cela l’envie boulimique de rencontres de rencontres, le désir d’apprendre, et ce Laos des origines, qu’il a fallu redécouvrir une fois adulte. C’est pour rendre hommage à son père qu’il donnera son nom à la compagnie. Anothaï veut dire « Lever de soleil » en Thaïlandais…